En 2007, l’Italie n’autorisait le THC que sous forme synthétique, fabriqué en laboratoire. Le cannabis en tant que plante restait hors jeu, cantonné à l’illégalité. Il faudra attendre 2013 pour que le législateur franchisse le cap : les préparations végétales à base de cannabis sont officiellement reconnues comme médicaments, ouvrant la voie à leur usage médical contrôlé.
1. Brève histoire du cannabis thérapeutique en Italie
Le point de bascule s’est produit en 2007, lorsque le THC pur a intégré la liste des substances autorisées pour la fabrication de médicaments. Mais il ne s’agissait alors que de la version synthétique, élaborée en laboratoire, en aucun cas de la plante entière. Ce verrou tombe en 2013 avec la parution du décret qui admet explicitement les drogues végétales à base de cannabis, sous toutes leurs formes, extraits, teintures, matières premières. L’État italien place ainsi le cannabis médical sur la même ligne de départ que les autres substances pouvant servir à la fabrication de médicaments, tout en maintenant un cadre strict.
2. Comment le cannabis thérapeutique est-il prescrit ?
En Italie, tout médecin, généraliste, spécialiste ou vétérinaire, peut prescrire du cannabis médical, dès lors qu’il estime, sur la base de la littérature scientifique, que ce choix est pertinent. Ce champ d’application est large, à condition qu’il existe un socle scientifique reconnu pour la pathologie concernée.
Pour approfondir, d’autres articles détaillent les pathologies concernées par le cannabis médical.
Quelles sont les maladies qui profitent du cannabis médical ?
Il existe deux voies d’accès au cannabis médical : sur prescription simple, donc à la charge du patient, ou dans le cadre d’une prise en charge par le système régional de santé (SSR), auquel cas des contraintes supplémentaires s’appliquent, variables selon les régions.
En clair, l’accès au cannabis médical prend deux formes :
- très accessible lorsqu’il est prescrit et payé directement par le patient
- plus ou moins complexe, selon la région, pour le cannabis remboursé par la SSR
Pour ceux qui veulent approfondir, un guide complet détaille les modalités de remboursement région par région.
La prescription de cannabis médical s’appuie sur la loi 94/98. Le médecin précise le type de cannabis, la raison de la prescription, et, pour respecter la confidentialité, un code alphanumérique remplace le nom du patient. Cette procédure, surnommée « loi Di Bella », découle d’un décret de 2015 et vise à protéger l’identité du patient.
3. Obtenir du cannabis médical avec une recette blanche (médicament aux frais du patient)
Voici le parcours classique pour accéder au cannabis médical en payant soi-même :
- Le patient consulte un médecin (généraliste, spécialiste, secteur privé ou public).
- Si le médecin juge le traitement justifié selon la loi 94/98, il rédige une ordonnance dite « blanche », sans limite de quantité.
- Le patient se rend dans une pharmacie galénique habilitée à préparer le médicament.
- Après un délai de préparation, il règle la facture et récupère son traitement.
Simple sur le papier, ce parcours se heurte souvent à deux écueils majeurs. D’abord, aucun médecin n’a l’obligation de prescrire du cannabis médical. Beaucoup hésitent, faute de formation ou par conviction personnelle. Ensuite, trouver une pharmacie disposée à préparer le médicament n’est pas systématique : seules 600 sur 19 000 pharmacies italiennes sont habilitées à le faire. Et même là, la pénurie est fréquente, l’offre peinant à suivre la demande croissante depuis plusieurs années.
En 2017, le ministère de la Santé a même sanctionné des pharmacies qui avaient simplement informé les patients sur la disponibilité du cannabis médical, estimant qu’il s’agissait de publicité indirecte, preuve que le sujet reste sensible.
Lorsque le médicament est remboursé par la SSR, chaque région impose sa propre procédure. Certaines exigent un plan thérapeutique précis, d’autres n’imposent que des contraintes sur les variétés autorisées.
Pour savoir si un remboursement est possible, mieux vaut donc se rapprocher de l’organisme de santé régional compétent, car la situation varie fortement d’un territoire à l’autre.
Voici les régions qui ont mis en place la distribution gratuite ou facilitée du cannabis médical :
- Campanie
- Émilie-Romagne
- Frioul-Vénétie Julienne
- Lazio
- Lombardie
- Marques
- Piémont
- Pouilles
- Sardaigne
- Sicile
- Toscane
- Ombrie
- Vénétie
- Pour plus d’informations sur le remboursement région par région, consultez ce guide.
4.1 Que doit faire le patient ?
Le parcours pour obtenir du cannabis médical remboursé par la SSR dépend de la région, mais il suit généralement ce schéma :
- Le patient consulte un spécialiste ou un médecin d’hôpital habilité à prescrire.
- Le spécialiste rédige un plan thérapeutique (valable 3 à 6 mois) détaillant le protocole (posologie, mode d’administration…).
- Avec ce plan, le patient se rend chez son médecin généraliste qui prépare une ordonnance « rouge » (valable 30 jours), à renouveler chaque mois.
- Le patient commande son traitement dans une pharmacie galénique.
- Après préparation, il reçoit son médicament, parfois gratuitement selon la région.
Les obstacles restent les mêmes : disponibilité du médicament et médecins disposés à accompagner la démarche.
Dans certaines régions, la procédure est plus directe :
- Le patient consulte un médecin habilité à prescrire.
- Si la pathologie est reconnue et prise en charge par la Région, le médecin rédige une ordonnance (rouge ou blanche) couvrant un maximum de 30 jours.
- Le patient se rend en pharmacie préparatrice.
- Après quelques jours, il récupère gratuitement le traitement.
Le remboursement par la SSR ne concerne que les indications thérapeutiques reconnues au niveau régional. Selon le décret du 9 novembre 2015, les usages validés pour une prescription gratuite incluent :
- Sclérose en plaques
- Douleurs liées au cancer ou douleurs chroniques
- Cachexie (anorexie, VIH, chimiothérapie)
- Nausées et perte d’appétit liées à la chimiothérapie
- Glaucome
- Syndrome de la Tourette
Chaque région décide librement des pathologies couvertes et des modalités de distribution.
5. Approvisionnement en cannabis médical par les pharmacies
Les pharmacies italiennes préparant du cannabis médical s’approvisionnent auprès de plusieurs sources, selon l’origine du produit :
- Cannabis médical néerlandais : la pharmacie passe commande via l’un des cinq distributeurs italiens agréés (ACEF, Fagron, Farmalabor, FL-Group, Galeno).
- Cannabis médical italien : il provient de l’Institut militaire pharmaceutique chimique de Florence.
- Cannabis médical canadien : également distribué par l’Institut de Florence.
La commande s’effectue via un bon d’achat en trois exemplaires, transmis au fournisseur (numériquement ou sur support papier). La pharmacie indique précisément la variété et le conditionnement souhaité (par exemple, 25 flacons de 10 g ou 1 paquet de 250 g).
À la réception, le cannabis est enregistré dans le registre prévu, puis chaque préparation délivrée au patient est tracée selon les prescriptions en vigueur.
6. Approvisionnement en cannabis médical par AUSL/hôpitaux
Les pharmacies hospitalières (AUSL) suivent globalement la même procédure que les pharmacies territoriales, avec une option supplémentaire : l’importation directe depuis les Pays-Bas. Cette méthode, autorisée par le décret ministériel du 11 février 1997, permet aux établissements de commander des lots pour plusieurs patients et une durée prolongée (parfois jusqu’à trois mois).
En pratique, ce dispositif implique des délais importants, souvent deux mois ou plus, et une organisation spécifique au sein de l’hôpital. Le coût est pris en charge par la Région, mais si la logistique interne n’est pas parfaitement huilée, des ruptures de stock peuvent survenir, laissant les patients sans traitement le temps du réapprovisionnement.
7. Coûts du cannabis médical
Le prix du cannabis médical, pour un patient qui règle sa commande, dépend de plusieurs facteurs. Il s’agit d’un médicament galénique, donc fabriqué à la demande, et non d’un produit industriel standardisé. Impossible donc de fixer une grille tarifaire unique.
Le tarif est défini par le ministère de la Santé : le prix de base est fixé à 9 € par gramme (TVA à 10 %), auquel s’ajoutent les coûts de préparation et d’emballage (calculés selon le type de préparation et sa complexité). Certains ingrédients peuvent être soumis à une TVA de 22 %, ce qui explique pourquoi le prix final oscille généralement entre 9 et 11 € par gramme.
Voici quelques repères pour estimer le coût d’une thérapie, hors frais de contenants ou d’excipients :
- 30 sachets de 100 mg de fleurs de cannabis : environ 65 €
- 30 sachets de 500 mg : environ 190 €
- 30 sachets de 1 g : autour de 330 €
- 50 ml d’huile de cannabis (5 g/50 ml) : environ 90 €
- 100 ml d’huile de cannabis : environ 160 €
La dépense engagée pour ces médicaments est déductible des impôts à condition de présenter un justificatif (« reçu parlant » ou facture).
Autre point à prendre en compte : l’analyse obligatoire des préparations, notamment pour les huiles, imposée par le décret du 9 novembre 2015. Le coût de ce contrôle n’est pas toujours clairement défini et peut varier selon les régions, la Lombardie ayant fixé un plafond pour le remboursement de ces analyses. Cette incertitude tarifaire explique les écarts de prix constatés d’un établissement à l’autre.
8. Conclusions
Le cannabis médical n’est accessible que sur ordonnance, sans exception. La prescription est valable pour 30 jours. On peut se procurer le médicament auprès des pharmacies galéniques ou des pharmacies hospitalières qui assurent la préparation et la délivrance dans le respect des procédures en vigueur.
Pour prouver la légalité de la détention d’un médicament à base de cannabis, le patient doit impérativement disposer d’une copie de l’ordonnance tamponnée et signée par le pharmacien. Ce document lui est remis lors de la délivrance, conformément au décret du 9 novembre 2015. Ce justificatif fait foi en cas de contrôle, attestant que le cannabis est utilisé à des fins thérapeutiques.
Le médecin, pour sa part, peut toujours se rapprocher des autorités régionales ou de l’AUSL compétente pour s’informer sur la réglementation applicable et les modalités de prescription, selon la législation en vigueur dans sa région.
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La réalité italienne du cannabis thérapeutique est celle d’un accès balisé, parfois semé d’embûches, où chaque avancée réglementaire s’accompagne de nouveaux défis. Entre prescription, disponibilité et coût, le chemin vers le soulagement reste une course d’obstacles, mais il dessine, au fil des années, un horizon de plus en plus concret pour ceux qui en ont besoin.

